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martes, 24 de mayo de 2011

Hommage à Juan Montalvo, l'historique d'une action diplomatique (1)

Par Claude Lara (In Revista AFESE N.31, 1998, pp 86-100)
(Traduction Emilie Barberet et l’auteur)

«Rue Cardinet : ici se trouve encore une maison où Montalvo est, à son tour, décédé un an et demi plus tard. Sur la façade de cette maison, 35 ans après sa mort, j’ai eu l’honneur de poser et d’inaugurer solennellement la plaque commémorative consacrée, à ma demande, par Unamuno».

Gonzalo Zaldumbide (2)


Gonzalo Zaldumbide a pris ses fonctions devant les gouvernements de France et de Grande-Bretagne (en 1923 et en 1924) et de Belgique (en 1925), en tant qu’Envoyé Extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de l’Équateur. Sa nomination et la reconnaissance de son œuvre littéraire révèlent que notre compatriote était déjà une personnalité reconnue dans le monde de la culture américaine et européenne. Monsieur Luis Antonio Peñaherrera, Premier secrétaire de notre délégation, dans sa note diplomatique du 11 janvier 1924 où il communique à Monsieur Luis Robalino Dávila, Sous-secrétaire adjoint des relations extérieures, s’exprime à ce sujet dans les termes suivants:

«Lorsque je suis arrivé à Paris, les Équatoriens vivant dans cette capitale m’ont informé des manifestations de la communauté équatorienne et de la Revue de l’Amérique Latine en l’honneur de Monsieur Zaldumbide, au motif de sa nomination en tant qu’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la République devant le gouvernement de France… La communauté équatorienne a voulu rendre visible le plaisir avec lequel elle avait reçu l’annonce de la nomination de Monsieur Zaldumbide. Elle a ainsi organisé, en son honneur, un banquet à l’hôtel Ritz. Monsieur le Consul de l’Équateur à Paris, avec les mots justes, a présidé la manifestation à laquelle avait répondu l’invité, avec cette élégance de style qui le caractérise. Toutefois, la manifestation la plus remarquable reste celle qui a été organisée à l’initiative de la Revue de l’Amérique Latine, puisqu’aucun autre Ministre n’avait été accueilli avec un hommage d’une telle ampleur. Les salles du restaurant Weber n’ont pas suffi à accueillir le nombre croissant des personnes qui ont voulu prendre part à ce dîner et les organisateurs se sont vus obligés de refuser plus de cinquante réservations… Dans le numéro de la Revue de l’Amérique Latine et dans les coupures de presse jointes, vous trouverez le récit détaillé de chacun de ces événements» (3).

Parmi les grandes œuvres de Gonzalo Zaldumbide, en tant que diplomate et homme de lettres figure, sans aucun doute, la glorification de Juan Montalvo et la pose de l’unique plaque existant d’un compatriote qui a vécu à Paris et qui rappelle:

«La vie noble, les œuvres admirables, la mort stoïque de Montalvo seront toujours, et partout, un exemple de méditation».

L’action de Gonzalo Zaldumbide au sujet de Juan Montalvo est exemplaire. Non seulement pour la diffusion de la pensée et du savoir du célèbre auteur originaire d’Ambato, mais également pour le travail effectué par notre Légation pour poser la plaque commémorative qui:

«Face à l’accueil bénévole et unanime que la société française et les diplomates étrangers ont accordé au projet de poser une plaque sur la maison où est décédé Montalvo, je me sens incroyablement redevable de répondre à une telle attention, pour démontrer la gratitude de la nation équatorienne; la gloire de Montalvo n’appartenant qu’à elle» (4).

Il a en outre fait en sorte que, grâce à une souscription au journal El Universo, le buste de Juan Montalvo, à cette époque le seul monument équatorien à Paris, qu’il a inauguré en 1936, figure autour de la statue du Libérateur avec les bustes de: Andres Bello, Rubén Darío, Benjamín Vicuña Mackenna, José Martí, Ricardo Palma, Enrique Rodó et Justo Sierra, à la place Champerret, dans le «Square de l’Amérique Latine», à Paris (5).

Par le télégramme n° 83, du 19 juin 1925, il notifie que la plaque commémorative sera inaugurée le 27 du même mois:

«INAUGURATION PLAQUE COMMÉMORATIVE MONTALVO LE 27. COMITÉ : M. UNAMUNO, REPRÉSENTANT ESPAGNE ; M. RICHEPIN, ACADÉMIE FRANÇAISE ; M. MARTINENCHE, SORBONNE; M. DUPUY, DÉPUTÉ; M. WALEFFE, JOURNALISTE, TRADUCTEUR MONTALVO. ESTIME INDISPENSABLE RÉCEPTION DIPLOMATIQUE SOCIALE CE JOUR. MERCI DE BIEN VOULOIR METTRE À DISPOSITION 120 DOLLARS».

Il est intéressant de retranscrire dans son intégralité la présentation de cet acte historique que Gonzalo Zaldumbide a communiqué dans la note diplomatique n° 196, du 8 juillet 1925:

«Je ratifie mon télégramme n° 86, disant que: M EXTÉRIEUR QUITO – CONSTATATION INAUGURATION PLAQUE MONTALVO ET RÉCEPTION DIPLOMATIQUE SOCIALE MA RÉSIDENCE. ACTE INAUGURATION A REGROUPÉ PARTICIPATION PRESTIGIEUSE DIPLOMATES, INTELLECTUELS, JOURNALISTES ONT PRONONCÉ MAGNIFIQUES DISCOURS: MARTINENCHE, PROFESSEUR SORBONNE, UNAMUNO, EX-RECTEUR UNIVERSITÉ SALAMANQUE, CONTENOT, REPRÉSENTANT MUNICIPALITÉ, DE WALEFFE, PRÉSIDENT PRESSE LATINE, RENDANT HONNEUR NOM MONTALVO ET ÉQUATEUR, CORRESPONDANTS CENT JOURNAUX ÉTRANGERS ET QUATRE AGENCES TÉLÉGRAPHIQUES ONT TRANSMIS COMMUNIQUÉ SPÉCIAL. RÉCEPTION POSTÉRIEURE RÉUSSIE, QUATRE CENTS PERSONNES. ONT ASSISTÉ DIPLOMATES AMÉRICAINS, MEMBRES AUTRES COMMUNAUTÉS, PERSONNALITÉS OFFICIELLES FRANCE, ÉCRIVAINS, JOURNALISTES, INTELLECTUELS. ONT PARTICIPÉ TOUS ÉQUATORIENS. RATIFIE COURRIER, COMMUNIQUERAI DÉTAILS. FÉLICITE PAYS SUCCÈS ATTEINT. ZALDUMBIDE.

Je vais décrire plus en détail la cérémonie de la pose de la plaque commémorative sur la maison où est mort Montalvo parce que, outre le fait qu'elle traduit un juste hommage à notre grand écrivain, elle a un sens flatteur pour le sentiment équatorien.

À Paris, en raison de la taille de la ville, il est difficile d’attirer l’attention du public, car les différents groupes sociaux n’ont que trop d’événements pour s’occuper ou s’enthousiasmer. Ainsi, de nombreux noms, hommages, fêtes et publications sont passés inaperçus. Le peuple français compte tellement de concitoyens et de choses auxquels s’intéresser que son attention est retenue par les actualités nationales ou liées à l’intérêt de la nation. De plus, en raison des circonstances, l’attention de la société et de la presse françaises est complètement absorbée par les événements financiers et internationaux actuels.

Pour cette raison, il est très difficile pour nos pays, méconnaissant les impératifs pressants du jour, d’effectuer une publicité efficace, malgré tous nos efforts à l’intérieur de nos frontières. Ainsi, la majorité des événements sud-américains passent presque inaperçus sur le plan politique ou n’intéressent que les noyaux sud-américains, et n’obtiennent qu’une faible diffusion dans la presse.

En outre, c’est avec réticence que la presse française ouvre ses colonnes. Publier un article dans un journal n’a rien à voir avec la facilité par laquelle nous menons à bien quotidiennement ce type d’opération. Et la difficulté n’est pas l’apanage des étrangers.

Par ailleurs, même si la cérémonie en question avait pour but de glorifier un grand homme de lettres, sa portée a dépassé le cadre littéraire.

Grâce aux hautes fonctions atteintes par Montalvo dans le monde de langue hispanique et à l’admiration ressentie pour lui par quelques hispanisants français ; et peut-être également grâce à certaines relations que j’ai établies avec la presse, la société et les écrivains de cette république, il a été possible de donner à l’hommage en question une importance qui, je puis sincèrement le déclarer, a intéressé un public immense, non seulement en rappelant le nom de notre génial polémiste, mais également en faisant parler de notre pays, doté de lois si libérales et présentant un avenir prometteur.

Le simple fait que le nom de «République de l’Équateur» apparaisse en tant que pays capable de produire un homme de l’envergure de Montalvo, constitue déjà une bonne publicité pour les milliers d’individus qui liront cette inscription tous les jours.

Il convient en outre de rappeler que Montalvo est le premier sud-américain à recevoir cette distinction ici.

Je vous envoie, accompagnant la présente note, les coupures des principaux journaux publiés à Paris. De plus, les cent journaux liés à l’Association de la presse latine et tous les journaux servis par les quatre agences télégraphiques siégeant à Paris ont également publié des articles relatifs à la cérémonie (6).

La liste prestigieuse des invités a également grandement contribué à la réussite de mon projet (7). L’énumération de ceux-ci suffit à prouver qu’il s’agit de personnalités connues en Europe et en Amérique.

Ainsi Richepin est notamment un éminent exposant, respecté par ce peuple et admiré ; Unamuno, aujourd’hui plus glorieux que jamais, est un symbole de la pensée, de la noblesse et de la ténacité de la race. J’aimerais seulement consigner ici mes commentaires au sujet de l’émotion éveillée chez les participants, lors de l’inauguration de la plaque par le maître de Salamanque (8), lorsqu’il a prononcé son discours avec ferveur et conviction, rappelant l’histoire d’un autre exilé, comme s’il parlait de sa propre histoire.

Parmi les discours dont je donne la liste dans le télégramme, il convient de donner une valeur particulière à celui du Secrétaire de la municipalité de Paris, selon lequel cette ville se sentait fière d’accueillir dans la capitale la plaque perpétuant la mémoire d’un notable équatorien amoureux de la France.

Ont assisté à la cérémonie la quasi-totalité du corps diplomatique américain (9), de la communauté équatorienne et de nombreux membres des autres communautés latino-américaines, des personnalités françaises, parmi lesquelles le représentant du Ministère des Affaires Etrangères et de nombreux écrivains et professeurs.

La plaque de marbre posée sur la maison n° 26 de la rue Cardinet – devenue aujourd’hui inoubliable pour les Équatoriens – porte l’inscription suivante:

JUAN MONTALVO NÉ À AMBATO (ÉQUATEUR) LE 13 AVRIL 1832, MORT À PARIS LE 17 JANVIER 1889, POLÉMISTE, ESSAYISTE, PENSEUR, MAÎTRE INSIGNE DE LA PROSE ESPAGNOLE, CHOISIT LA FRANCE, SON PAYS D’ÉLECTION, POUR Y FINIR SES JOURS, ET MOURUT DANS CETTE MAISON (10).

À l’issue de la cérémonie, ma résidence a accueilli une réception. J’avais invité plus de cinq cents personnes, parmi lesquelles toutes les personnalités officielles et diplomatiques à qui il convenait de réserver cette attention. Je me suis vu largement récompensé par la présence de plus de quatre cent convives. La réception sociale, d’une convivialité notoire, a été particulièrement satisfaisante et à ce que je me souvienne, peu de fêtes organisées ici par les Ambassades ou les Légations des plus grands pays ont réussi à réunir une assistance aussi nombreuse et aussi prestigieuse.

À juste titre, un des journaux de Paris a ainsi parlé de cet événement organisé par la Légation de l’Équateur comme «d’une fête de l’amitié latine».

La communauté équatorienne, qui avait été invitée dans son ensemble, m’a fait l’honneur de participer dans sa quasi-totalité.

En ce qui concerne l’indemnité de cent vingt dollars, je crois qu’il est de mon devoir de vous informer que je l’ai dépensée uniquement pour une partie du buffet. Pour ma part j’ai eu l’honneur de payer, à titre personnel, la plaque, les invitations, et les frais courants nécessaires pour couvrir les services de presse, ainsi que le champagne.

J’ai également le plaisir de vous faire parvenir quelques photographies prises au cours de la cérémonie.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma considération et le renouvellement de mes félicitations au Gouvernement et au Pays.

(s) Gonzalo Zaldumbide» (11)

Alors que les discours de Gonzalo Zaldumbide et de Miguel de Unamuno sont peu connus, je pense que les hommages édités en français n’ont pas été publiés dans leur intégralité dans la Revue de l’Amérique Latine (12). C’est ainsi que Gonzalo Zaldumbide a matérialisé son admiration au Cosmopolite en posant une plaque sur la maison n° 26 de la rue Cardinet, où Montalvo est décédé le 17 janvier 1889, et qui par un heureux hasard, se trouve près de l’Ambassade actuelle.

«HOMMAGE À MONTALVO (13)

Grâce à l’enthousiasme de notre éminent ami Gonzalo Zaldumbide, Ministre de l’Équateur, la plaque sur la maison dans laquelle est décédé le grand écrivain équatorien Juan Montalvo, sise au n° 26 de la rue Cardinet, à Paris, a été inaugurée le 29 juin dernier.

Discours de S.E. M. Gonzalo Zaldumbide

Messieurs,

La vie si noble, les œuvres admirables, la mort stoïque de Montalvo seront toujours, et partout, un exemple de méditation. La plaque que nous venons d’inaugurer a comme seul objectif de rappeler à tous les latino-américains de passage en France, le glorieux destin d’un génie dont la force a égalé l’infortune.

Toutefois, au cours de cette brève cérémonie qui, par la force des choses, se doit d’être des plus succintes, je dois me limiter à remercier exclusivement les précieux concours ayant soutenu notre modeste initiative. Ainsi, je dois remercier tout d’abord la Ville de Paris, ici représentée, qui a bien voulu accepter et autoriser cet hommage commémoratif.

L’absence de M. Jean Richepin nous prive de ses paroles ferventes et généreuses. Nous allons néanmoins avoir le plaisir d’écouter M. Martinenche, dont la science est si bien desservie par son éloquence intelligente et raffinée.

Ce brillant professeur de langue et de littérature espagnole de la Sorbonne serait à même de confirmer la justesse de la phrase figurant sur cette plaque commémorative et qualifiant Montalvo de maître insigne de la prose castillane.

Ensuite, Monsieur Miguel de Unamuno honorera la mémoire de l’un de ses pairs dans le culte de la langue. L’auteur de cette fameuse vie de don Quichotte et Sancho, a compris mieux que quiconque l’idéalisme impénitent de Montalvo, qui aimait à dire: «Celui qui, dans sa vie, n’a rien de don Quichotte, ne mérite ni l’estime, ni l’affection de ses semblables». Et nous savons tous que, en écoutant Unamuno, nous allons entendre l’une des voix les plus émouvantes et les plus profondes de l’Espagne.

En outre, je dois remercier en particulier notre cher et respecté doyen le marquis de Peralta, pour ses souvenirs personnels. Au cours de sa jeunesse, il a très bien connu Montalvo. Son adhésion cordiale au Comité témoigne à nos yeux que, chez Montalvo, l’homme est digne de l’écrivain.

Je souhaite finalement remercier M. Pierre Dupuy, député de Paris; M. Francis de Miomandre, traducteur des plus belles pages de notre grand auteur, ami exquis de nos lettres et de nos coutumes; et M. De Waleffe, brillant journaliste qui, fidèle à sa tâche latine, saura effectivement reconnaître dans l’œuvre et le nom évoqués par cette plaque, l’un des symboles tutélaires de l’Union qu’il est précieux de fortifier en tant que témoignage de l’avenir commun.

Messieurs, mon lointain pays ne figure pas parmi les plus grands de notre immense Amérique. Toutefois, il a souvent eu le privilège de produire des hommes dont l’esprit a dépassé nos frontières; Montalvo est l’un d’entre eux, l’un des plus grands. Aussi, pour le représenter dans sa gloire continentale, il me suffit de répéter les paroles d’un maître incontesté. A la fin d’une magnifique étude sur Montalvo, Rodó a déclaré:

«La postérité, appelée à consacrer les lauriers de ce premier siècle de vie indépendante, dira que, entre les guides de l’Amérique, il y en a eu peu de la stature de cet enfant d’une petite ville des Andes équatoriennes».

Discours de M. E. Martinenche

Lorsque Montalvo a rejoint son pays après son premier voyage en Europe, il n’y respirait pas librement, sinon dans une solitude champêtre dans laquelle, par la lecture et la méditation, mûrissaient son talent et sa haine envers le despotisme.

Il allait parfois à Quito et alors l’après-midi il ne manquait pas d’assister aux réunions du poète philosophe Julio Zaldumbide, ou d’aller avec cet incomparable ami lancer des échos poétiques sur les vertes collines entourant la capitale de l’Équateur.

Un autre Zaldumbide nous a réunis aujourd’hui pour honorer sa mémoire. Gonzalo n’a pas hérité de l’amertume un peu sombre de Julio, mais c’est un homme de lettres si délicat et un ami si exquis, qu’il veut vous faire croire que c’est un service qu’il vous rend d’occuper ce poste alors que c’est un honneur immérité qu’il vous fait.

Si je voulais rendre à Montalvo un hommage digne de lui, je me contenterais de traduire et de vous lire la préface admirable de M. le Ministre de l’Équateur ouvrant la collection d’articles publiés par votre compatriote sous ce titre significatif : Le Cosmopolite. Malheureusement, sans considération de la grandeur d’un mort, les règlements de la police ne permettent pas d’interrompre longtemps la circulation des personnes, en outre la rue n’est pas le lieu approprié pour se délecter de la prose d’un artiste.

Ce lieu n’est pas le plus approprié pour des considérations ou des réflexions sur l’œuvre d’un polémiste qui a su unir la force de l’idéal à l’éloquente grâce de l’expression, qui est parti du romantisme pour devenir un classique et qui a su ajouter de nouveaux chapitres aussi bien à don Quichotte qu’à la bibliothèque universelle des grands défenseurs de la civilisation. Il est surtout connu comme l’adversaire de ce García Moreno qui, dans un nouveau monde, a voulu faire revivre la figure de Philippe II et les procédés de l’Inquisition. Toutefois cet ennemi du cléricalisme avait une âme chrétienne; ce puissant satiriste savait prêcher la vertu. Dans aucun camp il n’a accepté la violence et son verbe n’a pas été moins redoutable contre ce qu’il appelait «la pire des révolutions» ou contre «la dictature perpétuelle».

Nous ne pouvons à ce moment précis présenter que quelques-unes des justifications à l’heureuse initiative de M. le Ministre Zaldumbide. Ce n’est pas un simple fruit du hasard si la France peut revendiquer Montalvo comme sien. Il a effectué de longs séjours à Paris. Il y est arrivé à 25 ans en tant qu’adjoint de la Légation de son pays. Il s’est tout d’abord méfié de sa séduction et ne semblait profiter pleinement que du charme mélancolique du Luxembourg, alors moins fréquenté. Toutefois, lorsqu’il est un peu plus tard appelé à rejoindre les décors sublimes de sa patrie et qu’il évoque le souvenir de ses voyages à travers l’Europe, il oublie qu’il préférait les vieux jardins d’Agrippine aux mascarades de l’Opéra, et notre pays lui apparaît sous des traits plus gracieux. Il lui prête même une surprenante vertu de régénération. Pour le tyran qui osa infliger au général l’infamant supplice du fouet il ne rêve d’autre châtiment que d’une correction morale; il souhaiterait s’exiler au «pays de l’hospitalité, au pays des esprits, la France».

La France est avant tout pour lui le pays de Lamartine qu’il adore et de Victor Hugo qu’il vénère. Quand il a connu Lamartine, il tremblait devant la perspective que cette maison de Milly, qui n’a pas encore été rétrocédée au patrimoine national, soit saisie pour payer ses dettes et le jeune Équatorien s’imaginait en ravisseur de l’admirable doyen, pour l’emmener, au cours d’une navigation digne de mythologies antiques, vers le Chimborazo, dont la taille n’atteignait pas son génie, et vers ces lacs d’Imbabura, dont les eaux frissonnaient dans l’attente du chantre du Bourget.

Le poète des Raisons du Momotombo ne se montrait pas moins ému par la lettre qui lui faisait entendre le grondement d’un autre volcan, le Cotacachi, et saluait Montalvo par ces mots qui le résument et le définissent: «Vous êtes un esprit noble».

Oui, il était effectivement un esprit noble. Son scepticisme n’étouffait pas sa foi. Il faisait partie d’une race dans laquelle les contradictions peuvent s’unir sans effort. Il croyait en la raison, il avait confiance en la démocratie et il savait appliquer les plus belles idées latines aux besoins de son continent. Il se considérait comme un citoyen du monde et il a été un apôtre de l’américanisme. L’influence française s’exerçait sur lui dans son véritable sens, comme une force émancipatrice.

Quand il est revenu à Paris, en 1881, c’était pour ne plus abandonner cette ville. Dans cette maison où l’on pose cette plaque, il vivait seul (14) et il ne recevait que quelques amis. Il s’est réjoui de la chute de la dictature en Équateur ; il n’a pas voulu y retourner. Il nous a fait l’honneur de vouloir mourir parmi nous. Et il est mort avec l’élégance suprême d’un hôte qui souhaite partir de façon discrète mais décente. Un jour de janvier de l’année 1889, sentant que sa mort était proche, il s’est habillé pour la recevoir et il a commandé des fleurs qu’il tenait dans ses mains à l’arrivée de son dernier souffle.

Cette année-là, on allait célébrer le centenaire d’un événement qui lui était cher, puisqu’il n’avait jamais cessé de croire en la république et en la liberté. Désormais, nous associerons son nom au symbole glorieux de la fraternité de nos démocraties.

Discours de M. Miguel de Unamuno (15)

Messieurs,

Ici, dans cette maison, loin de ces montagnes volcaniques qui ont forgés ses os – ceux de son corps et ceux de son âme – a terminé sa vie, pauvre, seul et proscrit à l’âge de cinquante-six ans, Juan Montalvo. La terre française, douce, tendre, humide, a enveloppé son corps et son esprit comme d’un suaire et il a revêtu la majestueuse langue espagnole, la langue de don Quichotte. Il a savouré l’exil, la solitude et la pauvreté et avec ceux-ci a engendré, dans la douleur, des œuvres immortelles.

Sa mort a trouvé ici une patrie, celle de l’immortalité dans tous les esprits de langue espagnole, dans l’humanité civilisée. L’Équateur d’aujourd’hui, «libre, instruit et digne» qui a reçu ses restes, rend cet hommage immortel à celui qui a été traité de fou et d’antipatriote.

Fou, comme a été appelé Jésus par les siens, par sa famille; Jésus qui, selon le quatrième évangile, a été crucifié pour avoir été antipatriote. Fou, comme don Quichotte, qui a été accusé des malheurs de sa patrie. Et c’est comme eux qu’est mort Montalvo, chrétien quichottesque, pauvre, solitaire et proscrit.

Pauvreté, solitude, proscription! ... Je ne dois pas parler de cela. Le temps presse et l’occasion, le lieu et mon état d’esprit risqueraient de noyer ma voix en sanglots.

Adieu, donc… !À Dieu qui garde éternellement dans l’histoire – qui est sa pensée – les prophètes et les apôtres de la chrétienté, et les tyrans – artisans de la bestialité – et qui, de l’ombre de ceux-ci, rehausse la lumière de ceux-là!

Adieu Montalvo, qui restera immortel dans notre langue.

À la suite de ces trois discours, la parole a été donnée à M. Maurice de Waleffe, qui s’est uni à l’hommage rendu à Juan Montalvo au nom des cent journaux du monde latin, regroupés dans le bureau permanent de la presse latine, dont il est l’éminent et infatigable secrétaire général, et M. Contenot, secrétaire du conseil municipal de Paris, officiellement désigné par cette assemblée pour apporter à la mémoire du grand Hispano-américain, du grand ami de la France, le salut de la ville de Paris».

«Sans contexte son activité relative à Montalvo et à l’Équateur fut et restera exemplaire» (16). Affirmation indiscutable, mais son oeuvre culturelle exemplaire se poursuit et continue d’encourager les nouvelles générations de diplomates. Avec Gonzalo Zaldumbide, la diplomatie était au service de la culture.


*Conseiller du service extérieur équatorien


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NOTES

(1) Cette étude se fonde sur le travail: “Gonzalo Zaldumbide: Ministro Plenipotenciario del Ecuador en París (1923-1929)”, de A. Darío Lara, Revista Cultura N.7; págs. 120 à 135, ainsi que sur la conférence dictée par le Dr. Lara à Ambato, le 6 avril 1982 pour le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Juan Montalvo et retranscrite dans mon livre “Este otro Montalvo”; pp 268 à 299 et "Juan Montalvo en París" (pp. 190-206) .

(2) Gonzalo Zaldumbide fait référence à la lettre du 20 septembre 1887, dans laquelle Juan Montalvo présente ses condoléances à la veuve de Julio Zaldumbide. «Páginas de Gonzalo Zaldumbide – selección de Humberto Toscano», tomo II, Departamento Editorial de Educación, Quito-Ecuador, 1961; p. 127.

(3) En effet, au sujet de sa nomination plusieurs journaux français et étrangers tels que: Echos, Comoedia, Le Figaro, New York Herald, Paris Midi et Action Française annoncèrent le dîner présidé par le Ministre des colonies, M. Albert Sarraut et offert au diplomate et illustre écrivain équatorien, Gonzalo Zaldumbide. Toutes les communications reproduites ou mentionnées ici se trouvent dans les archives historiques du Ministère des Relations Extérieures. En outre, dans le numéro de la Revue de l’Amérique Latine, nº 25, vol. VII, du 1er janvier 1924 dans la rubrique: Le monde diplomatique, dans: «Les Américains à Paris – En l’honneur de Gonzalo Zaldumbide», M. Magellan donne une synthèse de cette magnifique réception avec la transcription de quelques discours; pp 87 à 91. Dans le vol. VI, nº 24 deuxième année du 1er décembre 1923, la même revue reproduit dans le «Supplément illustré» une photo et une partie du discours prononcé par Gonzalo Zaldumbide lorsqu’il a remis ses lettres de créance au Président de la République française, au mois de novembre 1923. Ces numéros figurent dans la bibliothèque Aurelio Espinosa Pólit de Cotocollao.

(4) Communiqué nº 187, Paris le 22 juin 1925. Idem note 3. Voir également le communiqué nº 185 du 29 mai 1925, dans lequel Gonzalo Zaldumbide indique déjà: «J’envoie également joint à ce communiqué un numéro de Paris Time, où figure un article sur Montalvo. Un tel article révèle l’écho favorable qu’a eu dans la presse mon projet de poser une plaque commémorative sur la maison où est décédé l’illustre écrivain». Ibid.

(5) Dans la note nº 57 du 11 juin 1936, Gonzalo Zaldumbide notifie à M. le Ministre, le général D. A.I. Chiriboga, les détails de l’installation du buste de Juan Montalvo, dans le vestibule de la Maison des Nations Américaines à Paris, siège dudit Comité, que vous connaissez. L’année prochaine, le buste sera transféré à son emplacement définitif, le futur «Square de l’Amérique Latine». Cette inauguration anticipée s’effectuera cependant avec la solennité requise, et un opuscule avec des articles de Rodó, de Max Daireau et de moi-même, sur Montalvo, sera distribué aux assistants et envoyé ensuite à plusieurs centres et personnalités, en souvenir de cet hommage. Vous pourrez également trouver en pièce jointe la page de remerciement au Comité, au sculpteur et aux autorités, au nom de l’Équateur, de son gouvernement, et en particulier, en votre nom, qui avez eu l’heureuse initiative de cet hommage à Montalvo à Paris…».
Pour que le lecteur connaisse l’histoire complète du nouveau buste de Juan Montalvo à Paris, voir l’article d’A. Darío Lara: «A propósito de un busto y de un parentesco» “Este otro Montalvo”, anexo 1; págs. 229-234, anexo 1; pp 229-234. Voir également, revista de la Casa Montalvo nº 75 (edición especial) novembre 1982. Montalvo y Mera Sesquicentenario deuxième partie; pp 47-54.

(6) En effet pour l’époque la couverture de la presse peut être qualifiée d’extraordinaire, si l’on tient compte le nombre de journaux et la qualité des commentaires des journaux qui ont évoqué cet événement. Il y a eu: Le Petit Journal du 30 juin 1925; l’Excelsior du 3 juillet 1925; The Paris Times du 30 juin 1925; la Revue de l’Amérique Latine; Le Gaulois du 30 juin 1925; Le Figaro du 30 juin 1925; The New York Herald du 30 juin 1925; L’Œuvre du 30 juin 1925; Le Matin du 29 juin 1925; Le Peuple du 30 juin 1925; Le Débat du 30 juin 1925; Le Petit Parisien du 30 juin 1925; le Journal du 1er juillet 1925; Au Jour le Jour du 29 juin 1925; The Chicago Tribune du 30 juin 1925. Nous avons publié ces articles en espagnol dans: «Homenaje a Juan Montalvo y textos desconocidos» Memoria nº 5-6-7, Sociedad Ecuatoriana de Investigaciones Históricas y Geográficas (SEIGHE), 1997-2010. Producción Gráfica, Quito-Équateur; pp. 187-248.

(7) Idem note 6 ; pp 8-10.

(8) Il convient de rappeler que son amitié avec Miguel de Unamuno a été décisive pour la rédaction du prologue des «Catilinarias»: «Ce célèbre écrivain, connu et admiré en Europe et en Amérique, a accepté d'écrire ce texte magnifique auquel je fais référence, malgré sa résistance première, en raison des relations d'amitié particulières que nous entretenons. On remarque que, une fois le travail commencé, Unamuno y a mis non seulement son énorme talent, mais également une intensité extraordinaire, comme s'il s'était approprié la vie et l’œuvre de Montalvo. Si vous estimez nécessaire de faire reproduire le prologue dans la presse de l’Équateur, je considère qu’il serait opportun de préciser qu’Unamuno ne l’a pas écrit sur l’intervention de la maison Garnier ou de tiers, mais sur celle de l’auteur …» Courrier nº 185, Paris, 29 mai 1925 ; idem note 3.

(9) Dans l’article de Le Gaulois, du 30 juin 1925, p 29, plusieurs personnalités latino-américaines du corps diplomatique sont mentionnées, voir note 6.

(10) Juan Montalvo nació en Ambato (Ecuador) el 13 de abril 1832, murió en París el 17 de enero de 1889. Polemista, ensayista, pensador, maestro insigne de la prosa española, escogió a Francia, su país de elección para terminar en ella sus días, y murió en esta casa.

(11) Note reproduite dans l’étude: «Gonzalo Zaldumbide Ministro Plenipotenciario…» et commentée par l’auteur mentionné. Idem note 1; pp. 128 à 135.

(12) Il est très clair que dans la publication: «Homenaje del M.I. Concejo Municipal de Ambato a Juan Montalvo en el XLVI Aniversario de su Nacimiento, Quito-Imprenta Nacional 1926», de 75 pages avec plusieurs photographies mais complètement oubliée et certainement la plus complète qu’il existe sur la cérémonie d’inauguration de la plaque commémorative en juin 1925, les documents suivants sont reproduits:
-Homenaje a Juan Montalvo con motivo de la apoteosis dedicada a su memoria en la ciudad de París en 1925 (Acuerdo del 8 de marzo de 1926 del Concejo Municipal de Ambato y una declaración de los Amigos de Montalvo; pp. 3-4).
- Apoteosis de Montalvo (El Comité, pp 8-10; la vida del escritor, p 11; el exilio, su obra, pp 12-13, la Ceremonia*, pp. 14-21).
- Ecos de la Prensa, pp 23-36.
- Montalvo y la crítica (Montalvo –fragmento del Ensayo de José Enrique Rodó, traduit en français par Marius André et publié dans la Revue de l’Amérique Latine, pp. 39-52; Prólogo a las Catilinarias de Don Juan Montalvo; pp 53-60).
- Recuerdos de Montalvo (Don Juan Montalvo –Recuerdos- Manuel M. de Peralta; pp 63-65 et Don Manuel de Peralta de Juan Montalvo, en français; pp. 67-70; En el Solar de Don Juan de Augusto Arias; pp. 71-75).
En outre, le Conseil municipal d’Ambato s’était engagé à:
«1. Publier un livre présentant à quel point il se sentait concerné dans l’hommage rendu à la mémoire du Cosmopolite à Paris.
2. Envoyer l’édition de ce livre à l’adresse de la «Société des amis de Montalvo». Voir l’accord reproduit dans la publication mentionnée et dans mon article: «Homenaje a Juan Montalvo y textos desconocidos», voir note 6.
Toutefois, malgré cette contribution très importante, les discours prononcés à cette occasion et publiés dans la Revue de l’Amérique Latine ne sont pas reproduits dans leur intégralité et dans l’ordre. Finalement, il existe des variations, notamment des omissions et des contresens, dans la traduction comme dans le discours de Gonzalo Zaldumbide. Par exemple il est écrit: «En su juventud conoció a Montalvo de cerca. Su cordial adhesión al Comité es un testimonio de que, según lo afirmó Montalvo, el hombre es digno del escritor», au lieu: «En tiempo de su juventud… Su cordial adhesión al Comité es para nosotros un testimonio que, …». Dans le discours de M. Martinenche: «,… y de ir con este incomparable amigo, a despertar armoniosos ecos sobre las verdes colinas…», au lieu de: «… con este incomparable amigo, ir a despertar poéticos ecos sobre las verdes colinas…»; «Estudió en París largas temporadas», au lieu de: «Ha hecho en París largas estadías» ou «Un día de enero del año 1889, sintiendo venir la muerte se levanta para recibirla y pide flores para expirar», au lieu de: «Un día de enero de 1889, sintiendo llegar la muerte, se viste para recibirla y pide flores que tiene en sus manos al expirar». Dans la Revista Cultura nº 11: «Homenaje en el 95º Aniversario de su Nacimiento 13 de abril 1832-1932». 1ère année, Ambato-Équateur, avril 1927, imprimerie du Colegio Nacional Bolívar, ces discours et divers documents sont partiellement reproduits, et en particulier «El Homenaje a Montalvo en París*»; pp. 355-374. Ces publications commémoratives sont à la bibliothèque Aurelio Espinosa Pólit de Cotocollao en Equateur et citées par le Dr. Plutarco Naranjo et Carlos Rolando, dans «Juan Montalvo: Estudio Bibliográfico». Bibliothèque Cajica de Cultura Universal nº 75. Pueblo, Pue., Mexico, 2ème édition 1971; pp. 215-216.
*Avec reproduction de photographies des sept membres du Comité, des orateurs de la cérémonie et de plusieurs autres documents.

(13) Voir Revue de l’Amérique Latine 4ème année, tome X, n°43, juillet 1925 ; pp 103 à 107. Cité dans l’œuvre du Dr A. Darío Lara: «Montalvo en París», coédition de la Subsecretaría de Cultura et de la municipalité d’Ambato, Quito-Équateur, 1983. Tome II, n° 2; pp. 354.

(14) Ce n’est pas exact, par la suite le Dr A. Darío Lara a expliqué qu’il vivait avec sa compagne Augustine Contoux, depuis 1883, et qu’ils avaient eu un fils, Jean Contoux Montalvo; voir «Juan Montalvo en París», deux tomes et «Este otro Montalvo». Également la Memoria n° 3-4 de la revue Sociedad Ecuatoriana de Investigaciones Históricas y Geográficas (SEIGHE); et en particulier l’article «Entrevista con la Sra. Yolande Simard y su hijo Jean-Jacques Curtet-Simard», Éditions «La Prensa», Tulcán – Équateur, août 1996; pp. 403-410.

(15) Dans la note diplomatique n°203 du 6 août 1925, Gonzalo Zaldumbide a envoyé un exemplaire des discours prononcés le jour de la pose de la plaque en l’honneur de Montalvo, ainsi qu’une superbe traduction de quelques-unes de ses pages et d’un extrait de la magnifique étude de Rodó: Idem note 3.
Certes, le Dr. Jorge Salvador Lara, dans son livre: «Ensayos sobre Montalvo y Mera» Comisión Nacional Permanente de Conmemoraciones Cívicas, Quito 1991, a fait connaître dans ce recueil le discours de Miguel de Unamuno dans son article «26, rue Cardinet, Paris» que lui avait donné M. Julio César Chávez, directeur de l’Académie paraguayenne de la langue, mais auparavant, le Dr A. Darío Lara, dans son œuvre: «Montalvo en París», tome II, l’avait cité dans «B) Artículos sobre Juan Montalvo, su obra o que se relacionan con su presencia en París, en otras Revistas»; n° 2; p. 354, idem note 13. Et il convient de rappeler qu’en 1926, une meilleure version avait déjà été publiée, comme je l’ai signalé dans la note 12. En outre, il existe certaines différences entre le texte en espagnol et le texte en français et, pour cette raison, nous proposons la version espagnole corrigée qui a été publiée dans le numéro mentionné de la Revue de l’Amérique Latine.

(16) Idem note 1: «Gonzalo Zaldumbide: Ministro-Plenipotenciario …»; p 130. Il convient de relever l’un des aspects les plus notoires de la mission culturelle de Gonzalo Zaldumbide qui, à Paris, a publié des œuvres d’éminents écrivains nationaux, comme il l’a annoncé dans sa note n° 170 du 4 avril 1925: «En este mismo periódico se acoge favorablemente mi idea respecto a la publicación de las obras de Montalvo, Crespo Toral y Medardo Ángel Silva, así como de la colocación de una placa en la casa que murió…» [«Dans ce même journal mon idée quant à la publication des œuvres de Montalvo, de Crespo Toral et de Medardo Ángel Silva, ainsi que celle de la pose d’une plaque sur la maison dans laquelle il est mort a été accueillie favorablement.»]. Sur le même thème, voir le journal The Paris Time n° 297 chronique parisienne: l’Amérique Latine, envoyé avec la note diplomatique n° 166 du 3 avril 1925, Gonzalo Zaldumbide a réalisé ce projet et l’on se souvient qu’il s’est préoccupé de faire réimprimer une grande partie des œuvres complètes de Juan Montalvo par la maison d’éditions Garnier Frères dans l’ordre suivant; 1921: Capítulos que se le olvidaron a Cervantes, en un tome, présentation de Gonzalo Zaldumbide Dos palabras et Siete Tratados, prologue de Gonzalo Zaldumbide; 1923: El Cosmopolita, en deux tomes, prologue de Gonzalo Zaldumbide; 1925: Las Catilinarias, en deux tomes, prologue de Miguel de Unamuno; El Cosmopolita, en deux tomes, prologue de Gonzalo Zaldumbide; 1929: El Regenerador, en deux tomes, prologue de Francisco García Calderón; 1929: Las Catilinarias, en deux tomes, prologue de Miguel de Unamuno; 1930: Siete Tratados, en deux tomes, prologue de Rufino Blanco Fambona et Capítulos que se le olvidaron a Cervantes, en deux tomes, prologue de Gonzalo Zaldumbide Dos palabras. Idem note 12, tome II, pp. 345 à 346. Ainsi que Poesías Escogidas de Medardo Ángel Silva, éditions Excelsior, Paris, 27 Quai de la Tournelle, 1926. Sélection et prologue de Gonzalo Zaldumbide; pp. VII à XXV. De la même manière il a fait connaître plusieurs textes de Crespo Toral.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES:

L’Académicien Jean Richepin:

Élu en 1908 au fauteuil 2

Poète, romancier, auteur dramatique

Biographie

Né à Médéah (Algérie), le 4 février 1849.
Ce petit-fils de paysans dont le père était médecin militaire eut très tôt la vocation de la littérature. Entré à l’École normale supérieure en 1868, il obtint sa licence de lettres en 1870 et servit pendant la guerre dans un corps de francs-tireurs.
Dans les années qui suivirent, il collabora à plusieurs journaux et exerça plusieurs métiers des plus divers, professeur , matelot ou portefaix. Fréquentant le Quartier Latin, il se lia avec Jules Vallès. Sa vie marginale lui inspira son premier recueil de poésie, un ouvrage provocateur, La Chanson des gueux, publié en 1876. Il fit scandale à sa sortie car Jean Richepin, tel un Villon moderne, y dépeignait un peuple semblant tout droit sorti de la Cour des Miracles. La Chanson des gueux coûta à Richepin 500 francs d’amende et un mois de prison.
Écrivain prolifique, Jean Richepin produisit maints autres recueils de poèmes : Les Caresses, Les Blasphèmes, La Mer, Mes Paradis, Les Glas, des romans dans la veine populiste : Les Étapes d’un réfractaire, La Glu, Miarka, la fille à l’ours, Les Braves gens, Césarine, Les Grandes amoureuses et des pièces de théâtre dont les plus célèbres furent Nana Sahib et Le Chemineau.
Jean Richepin fut élu à l’Académie française en remplacement d’André Theuriet, le 5 mars 1908. Se présentaient contre lui Edmond Haraucourt et Henri de Régnier. Il obtint au quatrième tour 18 voix sur 32 votants et fut reçu le 18 février 1909 par Maurice Barrès. Il devait recevoir à son tour le maréchal Joffre en 1918, et Georges Lecomte en 1926.
Mort le 12 décembre 1926.

Source: site de l'Académie Française

Biblioteca Aurelio Espinosa Pólit

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