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sábado, 16 de abril de 2011

Le Musée Jacinto Jijón y Caamaño


Le Musée Jacinto Jijón y Caamaño se trouve au premier étage de la Bibliothèque de l'Université Catholique de Quito. Sa section archéologique offre une vitrine considérablement représentative de l'époque précolombienne dans le pays, à travers l'exposition de la collection créée par Jacinto Jijón y Caamaño (1890-1950), qui fut donnée à l'Université Catholique par son épouse, en 1963. Par conséquent, en plus de se constituer en tant que parcours de l'Équateur préhispanique, le fonds archéologique du musée de la Católica esquisse le portrait d'un personnage considéré comme le pionnier, ou peut-être le fondateur de l'archéologie nationale, sur les traces de son maître, le Père González Suárez, créateur de la Société Équatorienne d'Études Historiques Américaines.

Tout au long de sa carrière de chercheur, Jacinto Jijón y Caamaño a fait preuve d'une préoccupation constante sur le sujet de l'identité nationale. De fait, Jijón et Caamaño a eu l'occasion de travailler dans diverses régions de l'Équateur: Urcuquí, Quito, El Quinche, Riobamba, Guano, Tuncahuán, Elén-Pata, Cerro Jaboncillo, Manta. Il a également fouillé à Lima (culture Maranga), alors que sa vocation professionnelle et ses intérêts autodidactes l'ont conduit jusqu'en Europe, où il fit des recherches dans diverses bibliothèques et archives entre 1912 et 1916. Ce fut le premier archéologue équatorien à travailler à partir de la stratigraphie, et à proposer une séquence culturelle précolombienne basée sur le registre matériel fouillé et/ou analysé. Cette rigoureuse méthodologie de recherche fut en outre minutieusement transcrite dans des carnets de bord, qui sont aujourd'hui exposés dans les vitrines du musée. D'autre part, il faut savoir que, en accord avec les tendances dominantes de son époque, les interprétations de Jijón dénotent une influence clairement diffusionniste. On lui doit également l'idée de la célèbre "ligue marchande manteño".

Le fonds archéologique conformé par Jijón fut présenté au public pour la première fois en 1950, date à laquelle son créateur fonda le Musée des Antiquités et de l'Art Équatorien dans la villa "La Circasiana", construite par Manuel Jijón Larrea.

Véritable bijou du patrimoine architectural et artistique de Quito, "la Circasiana" fut transformée par Jijón en siège de sa "Grande Bibliothèque Américaniste", ainsi que de son laboratoire. Aujourd'hui, elle abrite les bureaux de l'Institut National du Patrimoine Culturel (INPC) et des Archives Historiques Municipales.

Le fonds archéologique de ce musée comprenait initialement du matériel fouillé ou récupéré par Jijón, à la base de ces recherches dans la Sierra, le Littoral et le Pérou, matériel auquel sont venus s'ajouter des pièces mésoaméricaines, ainsi que la collection de Max Uhle, et un fonds ethnographique. L'organisation actuelle du musée de l'Université Catholique de Quito combine une visite organisée autour d'axes géographiques et culturels (régions cañari, puruhá, panzaleo, de Urcuquí, Chaupicruz, Tuncahán, Carchi, Cuasmal, Manteño, Napo et Maranga), chronologiques (invasion inca par exemple...), et thématiques (métallurgie, visions shamaniques, styles hybrides, écosystème andin).

Chaque partie de l'exposition compte de panneaux d'explication et de cartes faisant référence aux pièces leur étant associées. Ainsi, chaque culture est présentée à travers ses pratiques agricoles, artisanales (céramique, métallurgie), funéraires, politiques et religieuses. Il faut savoir que le musée possède en outre des spécimens uniques des célèbres sièges manteños. D'autre part, les pièces de la culture Napo ont été rajoutées ultérieurement au fonds original de Jijón, puisque ce-dernier n'a jamais fait de recherches dans la région amazonienne. Enfin, la présentation d'une momie maranga et de son mobilier funéraire découverts par Jijón est également à remarquer.

D'un point de vue muséographique, l'on soulignera que, de manière générale, aussi bien la qualité du texte que la présentation des pièces orientent efficacement le visiteur (professionnel ou pas). Une meilleure illumination dans certaines vitrines, la traduction des panneaux explicatifs ou encore l'emplacement des étiquettes descriptives de chaque pièce contribueraient sans doute à une meilleure organisation de cette exposition déjà considérablement didactique, qui réussit singulièrement non seulement à présenter une collection archéologique en particulier, mais aussi, à faire connaître le travail fondateur de son créateur.

*Traduction de l'auteur de l'original en espagnol (Équateur) paru dans la section "Musées" de la Page Web Arqueología Ecuatoriana (2007)

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