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viernes, 15 de abril de 2011

Projet Archéologique Vallée du Fleuve Cuyes (INPC Régional 6/Mairie du Canton Gualaquiza): dépliant de divulgation


CONTEXTE INSTITUTIONNEL DU PROJET

Le 17 août 2009, la Mairie du Canton de Gualaquiza et l'Institut National du Patrimoine Culturel ont signé un accord dans le but d'etudier et faire connaître les spectaculaires ruines archéologiques de la vallée du fleuve Cuyes (canton de Gualaquiza, province de Morona Santiago), dans le piémont oriental andin.

LA VALLÉE DU FLEUVE CUYES ET L'ARCHÉOLOGIE

En Amazonie, l'archéologie -science qui étudie les cultures du passé ou "ancêtres", tel qu'on les nomme localement- est relativement récente. Il y a peu de temps encore, l'on pensait que l'Amazonie ne s'était jamais caractérisée par la présence de cultures particulièrement anciennes ou développées. Cependant, des recherches récentes sont en train de démontrer qu'en fait, les "ancêtres" amazoniens sont beaucoup plus anciens que ce qu'on pensait, et qu'ils possédaient des technologies plutôt sophistiquées -en particulier en ce qui a trait à l'architecture. Ainsi, aujourd'hui, l'on sait que l'Amazonie précolombienne a joué un rôle fondamental dans les origines du monde andin. La vallée du fleuve Cuyes est une région clé de ce point de vue-là, puisqu'elle se trouve sur un lieu de passage stratégique entre les hauts plateaux andins et l'Amazonie, et qu'elle présente des vestiges architecturaux précolombiens spectaculaires, en particulier des forteresses et des constructions probablement liées à des structures domestiques ou encore à des centres cérémoniels.

Site archéologique de Trincheras


Bien que la recherche archéologique menée jusqu'ici dans la région ait été relativement limitée, les efforts pionniers des chercheurs Ekstrom, Taylor, Salazar, Ledergerber et surtout, Carrillo, ont mis en avant la valeur patrimoniale et archéologique de la vallée du fleuve Cuyes. À partir des contributions de ces auteurs, la question de l'origine ethnique des bâtisseurs des structures monumentales de la vallée (Incas, Cañaris, "amzoniens"), ainsi que la date de leur construction, s'est posée.

STRATÉGIES DE TRAVAIL


Ainsi, après avoir effectué une recherche bibliographique sur la région, le Projet Archéologique Vallée du Fleuve Cuyes, financé par l'accord entre l'INPC et la Mairie de Gualaquiza, s'est fixé l'objectif de continuer à éclaircir la problématique sur l'origine chronologique et culturelle des ruines de la vallée du fleuve Cuyes. Pour cela, des cartes précises des secteurs de Espíritu Playa, San Miguel de Cuyes, Ganazhuma, La Florida et Nueva Tarqui ont tout d'abord été dressées, dans le but de délimiter de façon précise la zone d'intervention du projet.












Ensuite, grâce à la précieuse participation des communautés locales, les archéologues du projet ont fouillé des zones bien définies au sein de chaque structure, dans l'intention de récupérer des échantillons de carbone et de céramique. Des échantillons de sol ont également été prélevés, dans le but d'identifier d'éventuelles pratiques agricoles précolombiennes dans les terrassements de la vallée.










RÉSULTATS DE LA RECHERCHE

Les résultats du projet ont révélé que vers le premier millénaire avant Jésus-Christ (période du Formatif tardif), un groupe humain s'est installé dans la haute vallée du Cuyes (secteur de San Miguel de Cuyes). La céramique récupérée sur les lieux s'associe à la tradition Tacalshapa (proto-cañari). Il semblerait que cette zone ait ensuite été abandonnée.












Entre les XIVème et XVIIème siècles, une "vague" de monumentalité surgit ensuite dans les secteurs de la Florida, El Cadi, Buenos Aires (basse vallée du fleuve Cuyes), ainsi que dans la zone de Espíritu Playa (haute vallée). D'un point de vue ethnohistorique, il s'agit d'un contexte mouvementé, puisqu'il correspond à l'époque des guerres incas et de la conquête espagnole.

D'autre part, dans les terrasses de San Miguel de Cuyes et Nueva Zaruma, des activités agricoles liées à la culture du maïs -entre autres espèces- ont également été identifiées.









Pierre d'arme de jet (site Trincheras)









Pierre à moudre
(terrasses de San Miguel de Cuyes)



Phytolite de maïs

LES DÉFIS

Il faut souligner que ce projet est un pas de plus dans la recherche archéologique de la vallée du fleuve Cuyes. En premier lieu, parce que notre étude s'est uniquement concentrée sur les structures monumentales. En outre, il est encore nécessaire de confirmer la présence des Cañaris et des populations liées à la culture shuar d'un point de vue matériel et chronologique, afin de mieux comprendre les mécanismes de ce peuplement. Enfin, la quantité de céramique et de carbone récupérée dans le secteur de Ganazhuma a été insuffisante, ce qui a empêché d'inclure cette zone dans notre scénario chronologique et culturel, raison pour laquelle de plus amples recherches sont nécessaires dans cette localité.

Comme on l'a vu, la vallée du fleuve Cuyes est une zone clé du point de vue archéologique et patrimonial. Néanmoins, malgré les efforts des communautés locales, le cours du temps, l'activité humaine et le pillage menacent de détruire à jamais ce précieux héritage. Il est à espérer que chercheurs, autorités culturelles et locales sauront sauvegarder cet inestimable patrimoine naturel et culturel, car connaître nos origines est aussi comprendre qui nous sommes et où nous allons.













Recherche:
Catherine Lara (Archéologue)
Remerciements:
INPC Régional 6, Mairie du Canton Gualaquiza, Communautés d'Espíritu Playa, San Miguel de Cuyes, Ganazhuma, La Florida y Nueva Tarqui, María Patricia Ordóñez et Fernando Flores (Archéologues), Galo Sarmiento et Linder Swin.







Terrasses de San Miguel de Cuyes









Site archéologique de Nueva Zaruma I

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